Métiers à domicile, un secteur en « péril » (communiqué de presse)

Alors que les besoins d’aide, d’accompagnement et de soins, ne cessent d’augmenter, le soutien à domicile de professionnels formés et qualifiés auprès des personnes âgées et/ou en situation de handicap et des familles vulnérables, constitue un élément clé de réussite d’une politique de santé dite inclusive.

Aujourd’hui, au niveau national, plus de 4100 structures à but non lucratif emploient 226000 salariés au service de 1.6 millions de personnes : agents et employés à domicile, auxiliaires de vie sociale, aides-soignantes, … ils sont, au domicile, les premiers acteurs d’une politique de prévention de l’autonomie ; leur intervention aux côtés des aidants familiaux, conditionne la bonne continuité de la chaine de soins et du parcours des personnes accompagnées.

C’est la branche professionnelle la plus importante du secteur économique des services aux personnes. Des emplois d’utilisé sociale, non délocalisables, ouverts à tous, avec ou sans diplômes ! Des métiers concrets et variés, au cœur du lien social, où les qualités humaines comptent autant que les compétences ! un gisement de 160 000 emplois à l’horizon 2022, compte tenu de l’augmentation des besoins de la population en perte d’autonomie !

Ce secteur est depuis longtemps sous tension, mais la situation présente connaît une aggravation sans précédent au regard des difficultés de recrutement, qui touche toutes les catégories d’intervenants à domicile ; cette pénurie fragilise la continuité du fonctionnement des organisations, en réduisant les capacités de réponse aux besoins des usagers. le manque de personnel conduit à retarder, fractionner, annuler voire parfois refuser les interventions à domicile.

Comment rendre attractif ce secteur essentiel au soutien à domicile des personnes en situation de dépendance, par l’âge ou le handicap, quand :
– près d’un tiers des salariés de la branche sont rémunérés au niveau du Smic ?
– les conditions de travail souvent complexes ne peuvent pas être compensées ?
– le récent diplôme d’Etat d’Accompagnement Educatif et Social (DEAS) « filière domicile » ne fait pas recette auprès des étudiants ?

Comment offrir une juste reconnaissance à ces professionnels, alors que les exigences de qualité et de technicité des prises de soins ne cessent de se complexifier avec l’évolution des profils des personnes accompagnées ?
Comment mieux former et fidéliser ces professionnels afin de répondre à la volonté de la population de rester le plus longtemps possible au domicile de son choix dans un environnement sécurisant ?

Ce sont ces questions, cruciales pour le succès d’une société inclusive, que nos 4 fédérations (ADESSADomicile, ADMR d’Île et Vilaine, UDCCAS ET UNA), avec le Conseil Départemental d’Ile et Vilaine et la Région Bretagne, ont souhaité partager avec l’ensemble des acteurs de l’économie, de l’emploi, de la formation et de la santé, identifier les leviers d’actions et dégager les orientations d’un programme de sortie de crise à la hauteur des enjeux !

Les rencontres des l’emploi et de la formation – Le 9 octobre 2018 à Rennes